En résumé :
En 2026, le DPE évolue : les logements chauffés à l’électricité peuvent gagner une classe grâce à un nouveau calcul, parfois sans travaux. Validité des anciens diagnostics, interdictions de location et audit énergétique élargi aux biens classés E : propriétaires et bailleurs doivent vérifier leur situation.
DPE 2026 : la réforme qui rebat les cartes de l’immobilier
Le Diagnostic de Performance Énergétique reste en 2026 la pièce maîtresse de toute transaction immobilière. Nouvelle méthode de calcul, reclassements automatiques, interdictions de location qui s’étendent : les règles évoluent vite, et les propriétaires ont tout intérêt à s’y retrouver avant de vendre ou de louer.
Le changement majeur de cette année concerne les logements chauffés à l’électricité, qui peuvent désormais gagner une classe énergétique sans réaliser le moindre travaux, grâce à un simple recalcul.
Rappel : à quoi sert le DPE ?
Le DPE évalue deux critères distincts : la consommation énergétique du logement (en kWh/m²/an) et ses émissions de gaz à effet de serre (en kgCO₂/m²/an). C’est toujours la plus mauvaise des deux notes qui détermine le classement final, de A à G.
Depuis la loi Climat et Résilience du 22 août 2021, le DPE est juridiquement opposable. Concrètement, si le classement affiché s’avère erroné, l’acquéreur ou le locataire peut engager un recours contre le vendeur ou le bailleur. Un diagnostic mal réalisé expose donc à un risque financier bien supérieur au coût de la prestation elle-même.
Le grand changement 2026 : le facteur de conversion de l’électricité
Une nouvelle méthode de calcul pour le chauffage électrique
L’arrêté du 13 août 2025 abaisse le facteur de conversion en énergie primaire de l’électricité, qui passe de 2,3 à 1,9. Cette valeur s’applique à tous les DPE émis à partir du 1ᵉʳ janvier 2026, et remplace la méthode 3CL-DPE définie par l’arrêté du 31 mars 2021.
Concrètement, les logements équipés de pompes à chaleur ou de radiateurs à inertie récents voient leur consommation théorique recalculée à la baisse. Résultat : certains biens classés E ou F peuvent basculer en D ou E, sans qu’aucune isolation ni aucun équipement n’ait été modifié.
Ce cas de figure est particulièrement fréquent dans les appartements des années 1970-1980, où le chauffage électrique a souvent été rénové sans que le bâti lui-même ait évolué.
Une mise à jour gratuite, sans nouvelle visite
Pour les propriétaires concernés, la bonne nouvelle est que cette mise à jour peut se faire gratuitement sur l’observatoire DPE-Audit de l’ADEME. Aucune nouvelle visite du diagnostiqueur n’est nécessaire si le logement n’a subi aucune modification.
Ce recalcul peut suffire à faire sortir un bien du statut de passoire thermique et à lever l’interdiction de location qui pesait sur lui. Un nouveau DPE avec visite ne s’impose que dans trois cas :
- Le DPE est arrivé à échéance ou date d’avant juillet 2021
- Des travaux ont modifié l’isolation, le chauffage ou la ventilation du logement
- Le classement actuel repose sur des données obsolètes ou erronées
Le gain de classe n’est jamais garanti d’avance : il dépend de l’isolation réelle, du type de menuiseries, du mode de chauffage et de la surface habitable.
Validité des DPE existants : les dates à connaître
Tous les anciens DPE ne se valent pas face à la réforme. Voici le calendrier de validité à retenir :
| Période de réalisation | Statut en 2026 |
|---|---|
| Avant 2018 | Invalide depuis longtemps, à refaire |
| Entre 2018 et juin 2021 | Expiré depuis le 31 décembre 2024 |
| À partir du 1ᵉʳ juillet 2021 | Valable 10 ans |
Si votre DPE date d’avant juillet 2021, il est aujourd’hui considéré comme périmé et doit impérativement être renouvelé avant toute mise en vente ou en location.
Interdictions de location : un calendrier qui s’accélère
La loi Climat et Résilience prévoit une exclusion progressive des passoires thermiques du marché locatif. Ce calendrier s’applique aux nouveaux baux et aux renouvellements :
- Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 : les logements classés G sont interdits à la location
- À partir du 1ᵉʳ janvier 2028 : l’interdiction s’étend aux logements classés F
- À partir du 1ᵉʳ janvier 2034 : l’interdiction s’étend aux logements classés E
Point important : les baux en cours ne sont pas immédiatement remis en cause. Mais dès qu’un renouvellement ou une relocation intervient, la nouvelle règle s’applique automatiquement. Les bailleurs de logements F ou E ont donc tout intérêt à anticiper plutôt qu’à subir l’échéance.
L’audit énergétique s’étend désormais aux logements classés E
Autre évolution notable de 2026 : l’audit énergétique, jusqu’ici réservé aux maisons individuelles classées F et G, concerne désormais aussi les biens classés E. Ce document, obligatoire pour la vente d’une maison individuelle, ne doit pas être confondu avec le DPE.
Il s’agit d’un document distinct et plus complet, qui détaille les travaux recommandés, leur coût estimé et le gain de classement énergétique attendu après réalisation. Sa durée de validité est de 5 ans.
Deux cas concrets pour comprendre l’impact de la réforme
Une maison des années 80 au chauffage électrique récent
Prenons une maison de 120 m², équipée d’un chauffage électrique récent, dont le DPE réalisé en 2022 affichait la classe E. Après application de la nouvelle méthode de calcul 2026, ce même logement peut être reclassé en classe D, sans aucuns travaux.
Conséquence directe : plus besoin d’audit énergétique obligatoire, et un bien nettement plus attractif sur le marché de la vente comme de la location.
Un bâti ancien avec chauffage au gaz
À l’inverse, un logement ancien équipé d’une chaudière gaz vétuste et de simple vitrage, souvent classé F ou G, ne bénéficiera d’aucun reclassement automatique. Ici, seuls de véritables travaux (isolation des combles, changement des menuiseries, remplacement du système de chauffage) permettent de sortir du statut de passoire thermique.
Les erreurs fréquentes à éviter
Plusieurs pièges reviennent régulièrement chez les propriétaires et bailleurs face à cette réforme :
- Confondre DPE et audit énergétique : ce sont deux documents différents et complémentaires, souvent tous deux exigés pour une vente
- Publier une annonce sans DPE valide : l’affichage de la classe énergétique est obligatoire, sous peine de refus par les plateformes immobilières
- Oublier de mettre à jour le DPE après travaux : les améliorations énergétiques ne sont prises en compte qu’une fois le diagnostic actualisé
Faut-il refaire son DPE en 2026 ?
La réponse dépend de votre situation. Un nouveau DPE avec visite s’impose si votre document actuel date d’avant juillet 2021, si des travaux énergétiques ont été réalisés, ou si votre bien locatif sera concerné par les échéances de 2028 ou 2034.
En revanche, si votre logement est chauffé à l’électricité et qu’aucune modification n’a été apportée depuis le dernier diagnostic, la mise à jour gratuite sur l’observatoire DPE-Audit de l’ADEME suffit à constater le nouveau classement, sans nouvelle intervention d’un diagnostiqueur.