Une unité de diagnostic, pas une pièce

Le CREP ne classe ni une pièce, ni un point de mesure : il classe des unités de diagnostic, c’est-à-dire des éléments distincts du local (un mur, une porte, une fenêtre, un plafond…) mesurés individuellement (arrêté du 19 août 2011). Chaque unité reçoit sa propre classe. Le rapport additionne ensuite les unités par classe, ce qui sert à déclencher, ou non, la transmission à l’ARS.

Étape 1 : la concentration face au seuil

L’article 5 de l’arrêté fixe deux seuils, selon la méthode :

Ces deux valeurs ne se comparent pas entre elles : elles ne mesurent ni la même grandeur, ni la même fraction du plomb. Une mesure est positive quand elle est égale ou supérieure au seuil qui correspond à sa méthode.

Étape 2 : l’état de conservation du revêtement

L’annexe 1 distingue quatre états pour un revêtement contenant du plomb :

Le critère qui sépare « état d’usage » et « dégradé » est la production spontanée de poussières ou d’écailles, ce qui renvoie au risque d’ingestion, notamment pour les enfants.

Le classement de 0 à 3

L’article 6 de l’arrêté impose de classer chaque unité de 0 à 3, selon le tableau de l’annexe 1 :

Attention au vocabulaire : la classe 2 correspond à l’état d’usage. Ce n’est pas un état « intermédiaire » ou « moyen », et ce n’est pas non plus un état dégradé.

Ce que chaque classe entraîne

Quand transmettre le constat à l’ARS

Selon l’article 8 de l’arrêté, le diagnostiqueur transmet une copie du constat au directeur de l’agence régionale de santé (ARS) dans un délai de cinq jours ouvrés lorsqu’il relève l’une des situations suivantes.

Risque de saturnisme infantile :

Dégradation du bâti :

Tableau récapitulatif

ClasseConcentrationÉtat du revêtementConséquence principale
0Inférieure au seuilSans objetAucune obligation liée au plomb
1Au seuil ou au-dessusNon dégradé ou non visibleVeiller à ne pas laisser le revêtement se dégrader
2Au seuil ou au-dessusÉtat d’usageVeiller à ne pas laisser le revêtement se dégrader
3Au seuil ou au-dessusDégradéTravaux (art. L1334-9 CSP), seuils de transmission à l’ARS
MéthodeSeuilGrandeur mesurée
Fluorescence X (appareil portable)1 mg/cm²Plomb total, concentration surfacique
Analyse en laboratoire1,5 mg/gPlomb acido-soluble, concentration massique

Pièges d’examen

On croit que… la classe 2 est un état « intermédiaire » entre le bon état et le mauvais état.
En réalité… la classe 2 est l’état d’usage : le revêtement présente des dégradations courantes qui ne produisent pas spontanément de poussières ni d’écailles.

On croit que… une unité en très mauvais état est classée 3 même si la concentration est faible.
En réalité… sous le seuil, c’est la classe 0, quel que soit l’état du revêtement.

On croit que… 1 mg/cm² et 1,5 mg/g sont deux façons d’exprimer le même seuil.
En réalité… ils correspondent à deux méthodes différentes : plomb total en surface pour la fluorescence X, plomb acido-soluble en masse pour le laboratoire.

À retenir

Sources : arrêté du 19 août 2011 relatif au constat de risque d’exposition au plomb (art. 5, 6 et 8, annexe 1) ; code de la santé publique, art. L1334-9 ; guide « classement des unités du CREP » de qcm-diagnostiqueur.fr (source secondaire).